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Maison de cannabis, maison de moisissure!

5 décembre, 2016 | Inspecteur D

Au plafond du sous-sol, les solives et le sous-plancher sont peints en blanc. Les madriers sont percés de nombreux de trous et un nombre anormal de boîtes de jonction électriques sont visibles. Voilà les premiers indices qu’une maison a servi à cultiver du cannabis. Voulez-vous vraiment vous lancer dans sa rénovation?

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Dans ce comble, l’entrée électrique a été trafiquée et de la moisissure s’est formée sur le pontage et les fermes, deux signes que la maison a pu servir à la culture de cannabis. PHOTO : Sûreté du Québec

Même si les vendeurs – ou la police! – ont retiré l’équipement de production, une maison ayant servi à une culture peut en porter les traces jusque dans ses entrailles et transformer en calvaire l’expérience d’un acheteur qui croyait faire une bonne affaire. Le cannabis croit dans un environnement de forte humidité. Qui dit humidité, dit moisissure.

Dans plusieurs cas, les repaires des mariculteurs ont fait l’objet d’une descente policière. Ces maisons sont vendues en déclarant ce vice, souvent à rabais et sans garantie légale. Si vous avez le talent, le temps et l’argent nécessaires pour démolir et refaire à neuf l’intérieur du bâtiment, ce pourrait être une aventure intéressante.

La plupart du temps, la production a été modeste et les installations ont été démontées après quelques mois seulement. Les producteurs de cannabis sont partis s’installer ailleurs, avant que les soupçons du voisinage et la surveillance de la police aboutissent à une perquisition.

Indices

Fenêtres barricadées, installations électriques altérées, restes de conduits de ventilation inhabituels, traces noires (moisissure) sur les murs, dans les placards et dans les combles sont autant d’indices, tout comme la peinture blanche et autres matériaux réfléchissants au sous-sol ou dans les combles.

Le taux d’humidité de l’air pour une culture de cannabis avoisine les 100 %. Le bâtiment réagit très mal à toute cette humidité. En quelques semaines, il sera contaminé par la moisissure.

L’humidité d’une culture au sous-sol migrera par capillarité dans les murs du rez-de-chaussée, jusqu’à l’entretoit. Il y aura prolifération de moisissures dans les murs, les feuilles de gypse humides étant un environnement de choix pour ces champignons qui finissent par contaminer l’air.

Pour déterminer si la maison est habitable, il faudra réaliser un test de qualité de l’air et effectuer quelques coupes exploratoires dans les murs. Toute la moisissure devra être retirée, qu’elle soit en surface, cachée sous une couche de peinture fraîche ou dissimulée dans les murs. Le grand ménage peut se transformer en corvée de démolition.

Si le vendeur déclare que son bien a servi à la culture dans le passé et que tout a été nettoyé, exigez les factures et garanties des entreprises qui ont réalisé les travaux de décontamination. Et avant de vous lancer dans l’aventure, posez-vous la question : est-ce véritablement aubaine, compte tenu des mauvaises surprises que vous pourriez découvrir pendant les travaux?

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